Rencontre aujourd’hui avec
le Président du club de hockey sur glace Tourangeau des Remparts de Tours. Nous
avions déjà rencontré Stéphane Mariano en Janvier qui nous annonçait clairement
vouloir l’une des deux premières places et valider la montée en première
division. Deux semaines après la fin du championnat et la montée acquise,
revenons sur la saison et profitons-en pour parler de l’avenir.
Entretien.
Bonjour
Stéphane, comment pouvez-vous résumer cette saison en un mot?
Stéphane Mariano : En un
mot : surprenante. Et cela pour plusieurs raisons. Quand nous avons
élaboré l’équipe première avec Martin Bouliane, nous nous attendions à jouer
les premiers rôles mais pas forcément à monter en première division. Notre
objectif initial était d’être dans les quatre, cinq premiers. Surprenant
également avec le titre de champion de France des U18. En démarrant la saison
nous nous disions qu’il y avait deux ou trois équipes au dessus de nous et
notamment Strasbourg.
Surprenant est par conséquent le mot
qui caractérise vraiment la saison.
"Val
Vanoise […] le match le plus abouti de la saison"
Quel moment restera pour vous le
plus beau de la saison? Et de votre mandat de Président.
SM : Le match retour à Val
Vanoise où l’on s’attend à un match difficile après avoir gagné sur le fil chez
nous. Nous avons alors réalisé le match le plus abouti de la saison, après un
long voyage, sur une grande glace et contre de gros joueurs. Cela reste la plus
grosse émotion des quatre années de mon mandat.
A Tours, mon plus beau moment restera
le match aller, nous allons chercher une victoire 6 à 5 alors que nous étions
menés 4 à 2, en réalisant un dernier tiers magique où l’on étouffe
l’adversaire. Nous n’étions pas favoris et on réalise deux exploits coup sur
coup.
A contrario, quel moment restera le
pire de la saison? Et de votre mandat de Président ?
SM : Le pire moment de mes
quatre années de mandature restera le match aller contre Ansières la saison
dernière au 1er tour de play-off où l’on prend une grosse fessée.
Nous nous faisons éliminer sèchement. Cette année, j’avoue que la finale retour
me reste en travers de la gorge. On n’a pas joué notre jeu, on s’est fait
manger par Toulouse. Autant nous avons été très bon en ½ finale, autant nous
n’avons pas fait ce qu’il fallait en finale. On n’a trop respecté l’adversaire
et je pense que les joueurs n’y étaient plus. Cela reste une déception parce
que je pense nous méritions d’avoir un troisième match en finale le dimanche à
Tours.
Vous nous parliez des U 18, certains
de ces joueurs vont-ils avoir la chance d’intégrer l’effectif de l’équipe
première ??
SM : Il ne faut pas se leurrer.
Il y a trois ou quatre joueurs qui ont le niveau pour intégrer l’équipe
première, pas plus malheureusement. Ces joueurs auront la possibilité
d’intégrer le groupe de l’équipe première et ils sont déjà identifiés. Nous
allons continuer à former ceux qui ont intégré l’équipe première mais qui n’ont
pas joué et les nouveaux. Parce que le but est toujours d’avoir deux à trois
joueurs par saison que l’on peut essayer de faire évoluer au plus haut niveau.
Tours est toujours un club formateur. Preuve en est que l’on travaille déjà
pour la saison prochaine et que l’on ne veut pas augmenter le nombre
d’étrangers dans l’équipe 1. Nous allons nous focaliser sur les Français et
notamment les jeunes.
Vous allez donc quitter votre poste
de président. Vous nous disiez en janvier que ce club était un peu votre
«bébé". Vous n'avez pas une appréhension à le quitter?
SM : Aujourd’hui, je le quitte
en préparant la suite avec je l’espère l’arrivée de Dominik Pawlik qui me
remplacera à la tête du club en tant que président. Si Dominik Pawlik prend ma
suite, je m’inscrirais dans la continuité sans aucun remord et avec la
satisfaction du travail accompli en me disant que pendant quatre ans j’aurais
fait le maximum pour que ce club arrive à ce niveau en tenant mes engagements.
Ce qui est clair, c’est que si la
suite n’est pas menée par Dominik Pawlik et que nous avons malheureusement des
personnes qui pensent plus à leur gloire personnelle qu’au club, alors, j’aurai
des doutes sur la transparence financière et sur la gestion du club. Je
partirai et redeviendrai le premier supporter des Remparts.
En quoi pensez-vous que Dominik
Pawlik sera le meilleur choix pour vous succéder?
SM : Premièrement, c’est un
homme avec qui je travaille depuis quatre ans au club. C’est un homme
foncièrement honnête et sain. Il aura besoin d’aide au niveau communication
parce qu’il est Polonais, mais je trouve que c’est ce qui fait la richesse de
la suite. Il a beaucoup d’idées. Il a une fonction importante dans son
entreprise, dans le marketing. Et il a l’intelligence pour mener à bien le club
pendant quatre ans.
Quelles seraient vos fonctions
précisément par la suite dans le club des Remparts de Tours?
SM : Je verrai avec Dominik,
mais mon idée est de rester un lien avec les partenaires et avec la
communication. En clair, je ne suis pas là pour trouver une place. Si demain je
n’ai pas de place dans l’organisation ce n’est pas grave. Ce n’est pas mon
avenir à moi qui est important. J’essayerai de faire au maximum pour aider le
club. Comme on dit « le club avant tout ». J’ai une famille, je suis
passionné de Hockey sur glace et je constate qu’il y a plus de personnes
intéressées pour reprendre les rênes du club aujourd’hui qu’il y a quatre ans
quand on s’est lancé. C’est pour cela que j’émets des doutes sur les personnes
qui veulent absolument reprendre la suite. Je pense qu’il faut juger sur un
bilan et non sur des promesses. J’ai un bilan que j’estime être relativement
correct avec deux montées U18 en élite A en quatre ans, trois carré final de
D3, une montée administrative en D2, une montée en D1, un tournoi NHL gagné la
première année par les U13 et un nombre de licenciés en augmentation. Je suis
conscient que nous avons encore des points à travailler mais le bilan est plus
que positif.
"Il nous
faudra plus d’argent, entre 200 000 et 300 000 euros"
Avez-vous déjà commencé la
préparation de la prochaine saison sur le plan financier?
SM : Nous avons réduit la masse
salariale de l’équipe première de 25.000 euros cette année. Nous avons réussi à
avoir une équipe beaucoup plus compétitive avec moins de masse salariale sans
toutefois toucher au budget du mineur. Cela nous a permis d’être sain
financièrement. Pour la D1, il nous faudra plus d’argent, entre 200 000 et
300 000 euros, pour espérer un maintien correct. Cela passe par le
partenariat privé et les collectivités locales. C’est pour cela que ces élections
au 5 juin tombent mal. Elles sont tardives, beaucoup trop tardives. On prend
des contacts et on signe des promesses d’embauches avec certaines personnes
mais tant que la date n’est pas passée, ce n’est pas très facile.
.jpg) |
Benoit (g) et Jérôme (d) Pourtanel |
Jérôme Pourtanel a été recruté en
début de saison pour faire monter le club à l'échelon supérieur. L’objectif est
atteint. Sera t-il le coach des Remparts en D1?
SM : Si Dominik Pawlik est le
président et si je suis dans la structure, oui. Il a déjà notre accord et nous
aimerions éventuellement lui faire signer un contrat de deux ou trois ans pour
le sécuriser et aussi pour qu’il s’installe à Tours. Nous voulons travailler un
peu plus sur la durée.
Les effectifs des équipes de D1 sont
en cours de construction. Tours va-t-il attendre l'élection du 05/06 pour
travailler au recrutement ou ce travail a t'il déjà débuté?
SM : Comme je le disais, le
travail a déjà débuté, on a déjà ciblé des joueurs. Nous avons listé les
joueurs à conserver et ceux que nous ne voulons pas conserver. Nous savons
également quels types de joueurs il va nous falloir tout en respectant la règle
des huit étrangers. On attend que ça se dénoue pour avancer un petit peu. Des
promesses d’embauches ont déjà été envoyées.
Vous pouvez nous citer quelques noms?
SM : C’est compliqué
aujourd’hui. Je ne peux rien dire tant que rien n’est fait. Ce sera Jérôme
Pourtanel qui s’occupera de ça. Il aura beaucoup plus de poids dans le
recrutement que la saison dernière. La seule chose que je lui demande pour la
saison prochaine c’est d’avantage de taille et d’avantage de poids. Je l’avais
déjà demandé la saison dernière et je n’avais été qu’à moitié entendu.
Chris Jones, révélation de Morzine
cette année en Magnus, serait proposé à plusieurs club de D1 et Magnus, Tours
en fait-il partie?
SM : C’est un profil qui peut
tout a fait nous intéresser et c’est un profil que nous suivons.
 |
François Lacerte devant son équipe. |
Nous avons pu voir des messages sur
le réseau social Twitter de Mike White et François Lacerte qui peuvent être lu
et compris à double sens. Où en êtes-vous sur les départs de joueurs du
club ? Que ce soit de leur fait ou du votre.
SM : Notre priorité va se
porter sur François Lacerte mais il a des contraintes scolaires. Il doit passer
des diplômes. Ce sera simple soit il revient en France et ce sera Tours soit il
reste au Canada pour ses études. Nous en saurons plus en mai. Concernant Mike
White, il a fait une très belle saison au Remparts de Tours, maintenant le
coach verra s’il veut le conserver ou non. J’apprécie l’homme et sa mentalité,
maintenant est-ce suffisant pour en faire un joueur de D1 avec un passeport
hors Union Européenne, je ne le pense pas.
Le nouveau maire de Tours, Monsieur
Babary annonçait sur un tchat de La Nouvelle République (Journal régional) que
des aménagements techniques étaient nécessaires à la patinoire pour la D1. Quelles
sont les améliorations qui doivent être réalisées ?
SM : Pour moi, il y a trois
principales améliorations. La première concerne l’espace VIP pour recevoir nos
partenaires. La seconde, le bureau des Remparts qui est un cagibi, ainsi que
l’amélioration de la partie sanitaire dans les vestiaires qui est vétuste. Et
puis la troisième, si cela est possible est de penser à l’augmentation du
nombre de places au sein de la patinoire. Si nous pouvions gagner 500 places
assises ce serait formidable. Il faudrait revoir la disposition de la patinoire
dans les murs. Il y a peut être des aménagements à faire au niveau des
tribunes. Des gens travaillent sur le projet, il y a des propositions qui ont
été réalisées mais tout cela a un coût et ce n’est pas forcement très simple.
D’autant plus que nous allons solliciter la mairie pour avoir du budget
supplémentaire, et je parle de cash et non d’aménagement technique. Je sais que
nous ne pourrons pas tout avoir, mais nous avons montré notre crédibilité à
l’ancienne et à la nouvelle mairie qui est venue nous voir deux fois. J’ai bon
espoir que les choses évoluent positivement et cela sera aussi le prix à payer
pour se stabiliser en première division.
Fabian Roque